« Je vous en prie . »
Je tourne la tête; essaye de me concentrer sur cette vue, avec touts ces immeubles, les quelques monuments à l'horizon . J'approche ma tasse de ma bouche, puis avale une gorgée de café . Je ne peux m'empêcher une grimace, celui-ci est brûlant . Des souvenirs me reviennent ... Tu te souviens quand tu m'as dit que je ne serais rien sans toi ? Regarde-moi , je ne suis pas encore morte, je ne suis pas encore écroulée de tristesse, et je compte bien reconquérir le bonheur, sans toi .
« Une bonne journée pour se balader, n'est-ce- pas ? » Dit mon voisin d'en face
La voix rauque me fit sursauter un instant . Je remonte mon regard afin d'apercevoir le jeune homme . De vue, on peut supposer qu'il avait à peu près mon âge à quelques années près .
« Effectivement . » me suffisais-je à dire, à défaut d'avoir trouver quelque chose de plus intéressant pour enrichir la conversation.
- Comment vous appelez vous ? Dit le jeune homme
- Ce serait plutôt à moi de vous demander ça, après tout, c'est vous qui tentez d 'engager la conversation avec moi depuis quelques minutes . D'ailleurs, qu'est-ce que mon nom vous apportera ? Si vous le voulez, je peux être Marie, ou encore Anne, ou bien Claire, je suis un simple visage . Bon pour cette fois, appelons moi Jane, et vous, vous serez Joe .
- Hum, très bien, disons que ce n'est pas une méthode que j'utilise généralement pour me présenter . Mais, si vous le voulez, je serais Joe . Alors, très chère Mlle Jane, puis-je connaître la raison de votre venue sur le symbole même de Paris ?
- Non mais je rêve, quelle indiscrétion !
J'étouffe un petit rire, vous savez, pas de ceux qu'on qualifient de gloussement seulement, un rire une peu plus naturel .
- Vous savez, il y a des jours où une balade s'impose, le temps de ne plus penser à rien, de se ressourcer . Et, j'ai supposé que redécouvrir la capitale serait une belle balade . Je vous retourne la question .
- Ca fait plus d'un an que je viens ici tout les matins, j'aime cet air frais, cette petite brise, et puis, j'aime ce café, c'est l'un des meilleurs que j'ai jamais bu , J'aime cet atmosphère, certaines personnes se sentiront oppressé dans un espace où converge tant de personnes, mais pour moi, c'est le contraire, cette foule me rassure, ne me demandez pas pourquoi ...
- Ainsi vous supportez tout ce brouhaha, et que des touristes vous demande de les prendre en photos toutes les deux minutes ? Vous m'impressionnez ...
- Ignorez-vous que je suis l'homme idéal ?
- Excusez-moi, mais je suis désolé de vous annoncer que l'homme idéal n'existe pas, c'est une vérité dont toutes les femmes ont du accepté . Croyez-moi, je l'ai cherché longtemps ...
- Ainsi vous brisez tout mes rêves d'être adulé par la gente féminine . Mais, puis-je vous demander d'arrêter de nous vouvoyer, après tout, nous avons tout deux à peu près le même âge .
- Comment le savez-vous ? Peut-être suis-je bien plus âgé !
- Dans ce cas vous auriez du avoir recourt au botox, et vous auriez certainement plus ressemblé à une poupée en plastique, incapable de transmettre une émotion au travers de son visage . Ce que vous n'êtes pas .
- C'est flatteur, mais très maladroit comme compliment . Quant au fait de pencher pour le tutoiement, je refuse . Le vouvoiement est utilisé pour les inconnus .
- Vous me considérez donc comme un inconnu malgré la conversation que nous entretenons depuis une dizaine de minutes ?
- Si vous n'en étiez pas, vous connaîtriez au moins mon nom .
- Bon, okay, je m'avoue vaincu, je continue à vous vouvoyer . Bien que cela me paraisse toujours étrange .
- Sachez que je suis la bizarrerie même .
- J'aimerais bien voir ça ...
- Vous me mettez au défi, ,c'est cela ?
- Pourquoi pas ?
- Très bien, j'attends votre défi .
- Avalez la fumée de votre cigarette .
- Vous voulez vraiment que je meurt d'un cancer des poumons. Mais, très bien, un défi est un défi, et je l'accepte .
Je respire un bon coup , parfois que je me dis ma connerie enfantine peut me mener loin, et pourtant, je crois que c'est mieux ainsi . Sans elle, je serais cloitrée dans ce monde d'adulte, ou l'interdit demeure l'interdit. Je rapproche ma Malboro de ma bouche, avale une courte bouffée. A peine rentrée dans le fond de ma gorge, me voila qui me met à cracher mes poumons . En face de moi, je retrouve mon charmant inconnu, hilare .